Il existe également une langue des signes internationale, parlée dans de nombreux pays et utilisée lors des rencontres internationales, lors de séjours à l’étranger. Mais cette langue n’est pas beaucoup parlée et elle est différente de la LSF, mélange de l’ASL et d’anglais…

Au collège, j’étais dans une classe spécialisée pour élèves sourds dans un établissement « normal ».  Ensuite, mes deux années de BEP se sont déroulées en intégration complète. En 2005 la loi n’autorisait pas encore d’épreuves de LSF donc je n’ai pas pu  passer cette épreuve ! Depuis quelques années, tous les élèves peuvent recevoir un enseignement de LSF qui peut être choisi comme épreuve en option aux examens.
 
Petite histoire de la langue des signes française (LSF)

C’est au 18ème siècle que Charles-Michel de l’Épée dit l’Abbé de l’Épée découvre la langue des sourds lorsqu’il rencontre 2 sœurs jumelles sourdes et muettes communicant entre elles à l’aide de leurs mains. Il décide de transformer sa maison en école pour enseigner le français aux élèves sourds avec des signes « codes ». Il forme d’autres professeurs sourds et entendants qui viennent de France et des pays européens.
Deux de ses élèves sourds sont devenus professeurs de sourds : Jean Massieu et Laurent Clerc. En 1815, Thomas Gallaudet, pasteur américain emmène Laurent Clerc aux États-Unis et ils fondent la première école de sourds américains.
Mais au 19ème siècle, lors du congrès de Milan en 1880 (où très peu de personnes sourdes sont présentes) la langue des signes a été interdite et il a été décidé d’utiliser la méthode orale. "La langue des signes et du corps est interdite dans l’éducation. Trop " sensuelle ", elle est jugée incapable d’exprimer l’abstraction et la spiritualité." (Petite histoire de la LSF, Iris). Malgré cette interdiction de signer pendant presque 100 ans, la LSF ne disparaît pas : les sourds la transmettent de génération en génération pendant les récréations. Cependant, les échecs scolaires des élèves sourds se sont multipliés à cause de cette interdiction et du sentiment de frustration qui en est né.
Deux méthodes pédagogiques s'opposent encore de nos jours. La "méthode orale" qui fait parler les sourds sans qu’ils entendent ce qu’ils disent. Elle incite à lire sur les lèvres. Avec cette méthode, il me semble que l'expression est limitée. La seconde méthode, le "bilinguisme", associe l’écrit en français à la LSF. Elle permet de faire le parallèle entre le français et la langue des signes et donne aux sourds davantage de moyens d'expression, pour toutes les situations de communication, entre sourds ou entre sourds et entendants.
Après un siècle de silence, dans les années 1970, c’est la période de ce qu’on appelle le « réveil Sourd » grâce à Bernard Mottez qui a fait des recherches sociologiques et sociolinguistiques sur la langue des signes. Il s’est battu pour la reconnaissance de la LSF, l’identité de la personne sourde, s’intéresse à la communauté sourde et à sa langue.
Ensuite, les sourds ont manifesté et se sont mobilisés pour que la langue des signes soit reconnue comme une langue.

La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a répondu à leurs revendications en établissant que l’information destinée au public doit être diffusée par des moyens adaptés à l’handicap et que la Langue des Signes Française est reconnue comme une langue à part entière.

Je vous laisse certains sites pour mieux approfondir sur l’histoire, la culture des sourds et surtout n’hésitez pas à me demander si vous voulez savoir autre chose…

Institut de Recherches sur les Implications de la Langue des Signes
http://www.iris-lsf.fr/
LSF sur le web
http://ufr6.univ-paris8.fr/desshandi/supl/projets/site_lsf/accueil/accueil.php
Guaskenn
http://guaskenn.free.fr/index.html
Sourd
http://www.sourds.net/
Websourd
http://websourd.org/
Oeil et la main
http://www.france5.fr/oeil-et-la-main/index-fr.php?page=accueil